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Denys Arcand : entretien, points de vue et filmographie
Par Pierre Jutras, Pierre Véronneau, Réal La Rochelle
octobre 1987

Il n’y a rien de tel qu'un énorme succès pour obliger le cinéphile et l’analyste à remettre en perspective l’œuvre d'un cinéaste. L’opération s'imposait avec Denys Arcand. Nous avions déjà annoncé nos couleurs dans le numéro 32 de Copie Zéro en consacrant les deux seuls textes de présentation au DÉCLIN DE L'EMPIRE AMERICAIN, l'événement cinématographique québécois de l’année 1986. La question se posait alors : Ce film est-il l'aboutissement actuel d'une démarche ou un nouveau départ? Répondre à cette interrogation nécessitait une réflexion poussée. Nous avons voulu la mener avec un nombre important de collaborateurs, plus qu'à l'habitude. Nous avons surtout décidé d'inaugurer une pratique qui, nous l’espérons, pourra se répéter : nous adjoindre un rédacteur invité.

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Coll. Cinémathèque québécoise Coll. Cinémathèque québécoise

Réal La Rochelle, car c'est de lui dont nous parlons, décrit dans son texte de mise en situation certains aspects de la cohérence constante du cinéaste. Ce numéro dans son ensemble tend à en préciser la dimension et la portée. Il souligne le rôle de la pensée historique dans la formation et la pratique d’Arcand. Il place son éthique particulière dans une trajectoire culturelle complexe. Il dégage des figures et des manières qui orientent autant son propos que son style, de l’ironie au lyrisme, de la lucidité à l’incertitude. Si l’ensemble des textes met en lumière l’œuvre entière d'Arcand, si plusieurs couvrent plus d'un film à la fois, néanmoins l'importance du DÉCLIN justifiait qu'on lui accorde une place particulière qui englobe autant le film lui-même que des aspects qui lui sont antérieurs et postérieurs.

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Comme d'habitude, nous nous sommes entretenus avec le cinéaste. Nous avons tenté de l'entraîner sur des questions qu’il avait rarement abordées; nous lui avons proposé certaines de nos hypothèses de réflexion pour qu'il y réagisse. Nous avons voulu aussi éclairer d'autres aspects de son travail en publiant des inédits. Nous avons enfin cru pertinent de rappeler des textes qu'il a écrits à différentes occasions dans la mesure surtout où ils éclairent l'entendement que l’on peut avoir de ses propos actuels et de son œuvre. Pour faire bonne mesure et compléter le portrait, il aurait suffi d'ajouter ses performances au tennis... sujet sur lequel il a d’ailleurs déjà écrit.

Le présent dossier ne prétend pas épuiser la réflexion sur l'œuvre intelligemment fascinante de ce cinéaste à la fois central et marginal du cinéma québécois. Il nous semble néanmoins une contribution significative, la plus importante à ce jour, à la connaissance du cinéma de Denys Arcand. C’est une manière agréable de célébrer ses 25 ans de cinéma.

Pierre Véronneau