19h00 Salle de projection principale
Le Samedi 02 Juin 2018

Le Spécialiste (Gli specialisti)

Réalisation : Sergio Corbucci [It.-Fr.-All., 1969, 104 min, 16 mm, VF] avec Johnny Hallyday, Gastone Moschin, Françoise Fabian

Le 5 décembre 2017, Johnny Hallyday s’est éteint. De France ou d’ailleurs, beaucoup sont encore sous le choc. Ce 2 juin 2018, l’ultime idole made in France sera cependant bel et bien parmi nous, à Montréal, pour la projection événement d’un film rare et culte à souhait. L’occasion unique donc de célébrer ensemble le western impur à l’italienne mais aussi de commémorer individuellement une star inégalée du rock français dans l’une de ses plus atypiques performances.

Brouillant les pistes chez Godard (Détective, 1985), surprenant chez Johnnie To (Vengeance, 2009), osant Mad Max chez Pierre-William Glenn (Terminus, 1987), au cinéma, Hallyday prenait des risques. Le Hud en est un autre exemple. Pistolero solitaire et nihiliste, cigarillo en bouche et portant cotte de maille, il retourne parmi les siens venger la mort de son frère. Sur place, il découvre que ce dernier a été tué par une milice citoyenne cherchant une somme d’argent qu’il leur aurait volé. Sur place, il rencontre une belle banquière (Françoise Fabian, tout juste sortie du film Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer), El Diablo le manchot mexicain (Mario Adorf, suisse-allemand,  vu chez Argento, Fassbinder et Schlondorff), mais aussi un shérif pacifiste et une communauté de hippies qui n’aura de cesse de glisser tranquillement vers la violence, si possible à poil et sous influence. Une situation explosive qui, de toute évidence, demande maintenant l’expertise d’un « spécialiste »... 

Signé Corbucci, l’un des plus grands cinéastes du western Spaghetti, Le spécialiste arrive dans la filmographie du maître après le très culte Navajo Joe (1966), le classique Django  (1966) et entre les deux quasi chef d’œuvres que sont Le grand silence (1968) et Companeros (1970). Nous sommes à l’apogée de la carrière du cinéaste et donc en plein âge d’or du western italien. Ici, l’ombre du Bon, la Brute et le Truand (Sergio Leone, 1966) plane partout. Coproduction française, l’action se déplace cette fois dans les Alpes et le clash culturel déroute. Précédemment, Corbucci avait réussit à sublimer Jean-Louis Trintignant dans Le grand silence, alors : Hallyday en ange exterminateur cowboy ? Mais pourquoi pas. Le résultat est un film certes moins noir et violent que ses deux précédents westerns mais néanmoins tout aussi politisé. Une diatribe bien sentie autant sur la société bourgeoise que sur les débordements du mouvement hippie à l’époque : quand Woodstock rencontre le Western spaghetti pour rendre compte des dérapages d’une société… Un film toujours d’actualité, bien sûr.

Julien Fonfrède

Voir la vidéo

Ajouter un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

Cycles

Mon horaire

Connectez-vous pour sauvegarder automatiquement votre horaire pour votre prochaine visite.