Hommage à Paule Baillargeon
20 janvier au 10 mars 2010
En écho à la reconnaissance de son apport créatif par l’attribution du Prix Albert-Tessier 2009, la Cinémathèque présente, en janvier et février, un cycle de huit films consacré à Paule Baillargeon, femme de cinéma. En tant que comédienne, elle a associé son nom aux filmographies d'importants cinéastes. Comme scénariste, elle a cosigné trois films pour Pierre Harel, pour Denys Arcand et Raymond Saint-Jean, en plus d’être l’auteure de la plupart de ceux qu’elle a réalisés, avec singularité, depuis le milieu des années 1970.
Le Prix Albert-Tessier couronnait en fait une artiste globale.
Venue de l’odyssée collective du théâtre d’improvisation et d’engagement social du Grand Cirque Ordinaire, où déjà on célébrait son talent, elle aura élu le cinéma comme le vecteur privilégié de sa propre création narrative.
Nous nous intéressons tout d’abord à la réalisatrice des œuvres de fiction. Dès le 20 janvier prochain, la Cinémathèque projette Anastasie, Oh ma chérie (1977) suivi de La Cuisine rouge (1980), deux moyens métrages tournés en 16 mm. La Cuisine rouge raconte l’histoire de femmes qui portent en elles « le germe de la révolution », tel que l’exprime Paule Baillargeon. Coécrit et coréalisé avec Frédérique Collin, le film a choqué par sa forme et son propos, où hommes et femmes sont confrontés à un manque de communication sans espoir, sans illusion. Les femmes sont condamnées à peaufiner la beauté et la paix, en fuyant dans la danse et la bacchanale, alors que les hommes s’abandonneront à l’ivresse et à la violence.
Le 25 janvier est présenté Le Sexe des étoiles (1993). Ce premier long métrage en 35 mm de la réalisatrice évoque le parcours d’un père transsexuel dont la fille, une adolescente fascinée par le cosmos et le destin des étoiles, finira par accepter la différence. Scénarisé à partir d’un récit romanesque de Monique Proulx, le film s’est mérité en 1993 le prix du meilleur film canadien au Festival des films du monde de Montréal et le prix du meilleur scénario au Festival international des films de Vancouver. Le film a également été retenu en présélection dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère aux Oscars en 1994.
Nous poursuivons durant les semaines suivantes en rendant hommage aux autres talents de documentariste, de scénariste et de comédienne de Paule Baillargeon. Vie d’ange, le 10 février, et le court Vue d’ailleurs, montré le 3 février, issu du film collectif Montréal vu par, qu’elle a cosignés respectivement avec Pierre Harel et Denys Arcand, côtoieront Claude Jutra, portrait sur film, l’un de ses documentaires présenté le 3 février, Les Voisins de Micheline Guertin, d’après Meunier et Saia où elle excelle comme comédienne, le 3 mars, ainsi que le film célébré de la réalisatrice ontarienne Patricia Rozema, I’ ve Heard the Mermaids Singing, pour lequel elle reçut le Prix Génie de la meilleure actrice dans un rôle de soutien, qui sera projeté, pour sa part, le 10 mars.
Paule Baillargeon viendra rencontrer le public à chaque séance.
Fabrice Montal
Programmateur–conservateur du cinéma québécois
Remerciements


