Le Lundi 29 Mai 2017

Temporaire

Du 28 Novembre 2012 au 17 Février 2013  /  Foyer Luce-Guilbeault

PORTRAITS D'ANIMATEURS par Robert Del Tredici

Homme aux talents et aux engagements multiples, Robert Del Tredici a réalisé une impressionnante série de portraits de grands cinéastes internationaux depuis le début de sa carrière. Cette sélection de 14 photographies présente des géants de l’animation d’hier et d'aujourd’hui tels Norman McLaren, Lotte Reiniger, Ryan Larkin, Len Lye et Frédéric Back. L’intensité des regards est mise en évidence dans ces grands tirages noir et blanc.

C’est au milieu des années 1970 que Robert Del Tredici fait ses premières armes comme photographe de cinéastes. À la demande d’une professeure de cinéma invitée de l’Université Concordia, il se rend au Symphony Hall de Boston pour y photographier Orson Welles. Alors que celui-ci dissertait sur la vie et l’art sur l’avant-scène, Robert Del Tredeci prend la photo de la première rangée, à six pieds de son sujet, signant ainsi un portrait en contre-plongée. C’était, de l’avis de l’artiste, sa première bonne photographie et celle ayant lancé sa série sur les réalisateurs de films.

Cette série compte depuis 47 portraits aussi bien dans le domaine de la prise de vues réelles que de l’animation. Ceux dont Robert Del Tredici se dit le plus fier sont d’Orson Welles, Len Lye, Joris Ivens, Otto Messmer, Sidney Peterson et Paul Sharrits. « Chaque séance de photographie était une rencontre émouvante, et la chance a joué un rôle décisif. » explique-t-il.

Robert Del Tredici enseigne aussi l’histoire du cinéma et l’art de l’animation depuis une quarantaine d’années. De plus, c’est en 1979 qu’il commence à documenter par le biais de la photo l’ère nucléaire. Son premier livre, The People of Three Mile Island, est consacré au pire accident nucléaire survenu en Amérique. Dans son livre suivant, At Work in the Fields of the Bomb, il documente le complexe de l’armement nucléaire aux États-Unis. En 1983, la Cinémathèque québécoise présente l’événement Un monde nucléaire… qui comprend une exposition de 52 photographies de Del Tredici en accompagnement d’un cycle de projections de 20 films documentaires et de fiction portant sur cette thématique. En 1987, il fonde The Atomic Photographers Guild.

Robert Del Tredici poursuit aujourd’hui ses activités dans le domaine de l’enseignement du cinéma, de la photographie et du militantisme. Ses portraits et ses photographies documentaires ont été exposés à Vienne, Londres, Berlin, Hiroshima, Washington, Hong Kong, Tcheliabinsk, Toronto, Montréal et Ottawa.

Une exposition de la Cinémathèque québécoise inaugurée dans le cadre des 11es Sommets du cinéma d’animation de Montréal.

ENTRÉE LIBRE

Allocution de Robert del Tredici à l’occasion du vernissage de son exposition le 28 novembre.

Il faut être un peu fou pour être animateur, c’est bien connu. Étrangement, j’ai toujours été attiré par les fous. Alors, j’ai pris plaisir à pourchasser et à photographier mes animateurs favoris. Je visais l’intensité de leur regard et leur état d’esprit. L’esprit de l’animateur.

L’esprit est une drôle de bête, fantasque, en mouvance continuelle. Et les animateurs se consacrent à en distiller l’essence. En ma qualité de photographe documentaire, j’adore retourner à la case départ d’un projet. Dans cette exposition, on peut voir un portrait d’Otto Messmer, le créateur de Félix le chat, et Otto Messmer a été le déclencheur du style cartoon noir et blanc des débuts de l’animation américaine.

Puis on peut voir son opposé : Stan Brakhage, qui a redéfini ce que l’on entend par la vision cinématique. Persuadé que la vision cinématique ordinaire n’avait rien à voir avec la vision humaine, il a consacré sa carrière à la création de films reproduisant la vision humaine. Le seul animateur de l’exposition que l’on ne peut voir dans l’exposition est Oskar Fischinger. Mais j’y ai inclus sa femme, Elfriede, que j’ai visitée chez elle, à Hollywood Hills.

Elle m’a demandé si je voulais voir une toile qu’Oscar avait peinte, et m’a amené au sous-sol, où elle m’a montré un portrait d’un homme d’apparence quasi extraterrestre, avec des yeux immenses, que Fischinger avait baptisé MR. RESPONSIBILITY. Il l’a peint, dit Elfriede, le jour après le bombardement d’Hiroshima. Ainsi, bien que l’animation d’Oskar Fischinger soit abstraite, elle recelait un élément spirituel de respect de la vie.

Le moins animé des animateurs de l’exposition est Sidney Peterson, le père du nouveau cinéma expérimental américain. Il a réalisé ses films d’animation aux studios UPA après ses œuvres d’avant-garde. Je l’inclus ici parmi les animateurs parce qu’il compte parmi les authentiques surréalistes américains, et que le surréalisme vise à amalgamer l’inconscient et la perception ordinaire et quotidienne de la vie.

Et c’est aussi le but de l’animation. Chacun des portraits, ici, cache une histoire. J’espère que vous prendrez plaisir à les découvrir. Et je remercie Marco de Blois et Alain Gauthier d’avoir imaginé la possibilité de cette exposition.

(Traduction : TNT Communications)

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