Le Dimanche 26 Mars 2017

Temporaire

Du 3 Mai 2012 au 10 Juin 2012  / 

EVENT HORIZON

DERNIERS JOURS / DERNIÈRE CHANCE. Sous forme de métaphore, l’artiste transdisciplinaire Matthew Biederman interprète la définition scientifique de l’« horizon du trou noir » ainsi que la notion d’un événement se déroulant hors de portée du champ de la perception. Dans cette fascinante installation vidéo, le visiteur est appelé à observer autrement l’espace, la lumière, la couleur et le son. Une expérience singulière caractérise cette exploration des phénomènes qui se situent à des points de rupture. Ici, l’image résulte d’une saturation du dispositif de visualisation, certains sons ne sont perçus que par l’interaction des ondes dans l’espace d’installation. Issues d’un espace/temps en constante métamorphose, les images projetées modulent des motifs et des rythmes alors que chaque instant de l’expérience méditative est unique et ne se répète jamais. 

Alain Gauthier, coordonnateur des expositions, Cinémathèque québécoise

Une installation vidéo présentée par la Cinémathèque québécoise dans le cadre de la Biennale internationale d’art numérique (BIAN).

ENTRÉE LIBRE

Horaire : mardi de 12h à 18h, mercredi à samedi: de 12h à 20h, dimanche:  de 16h à 20h

 

EVENT HORIZON

Installation audiovisuelle HD générative multicanaux
Synthèse visuelle
4X, synthèse audio

Je m’intéresse d’abord à la perception, à la signification réelle de l’acte perceptif. Comment la lumière, la couleur, l’espace et le son en viennent-ils à créer une expérience singulière? Qu’est-ce que cette expérience nous apprend sur notre compréhension des modalités de la perception? Quelle part de notre perception constitue une expérience singulière, et quelle part est partagée? Cette œuvre est une méditation sur le concept de l’horizon des évènements. En science, ce terme fait référence à une portion de l’espace-temps au-delà de laquelle les évènements qui s’y déroulent ne peuvent affecter un observateur extérieur. On pourrait dire que cet évènement a lieu au-delà des limites de la perception. L’horizon d’événement le plus connu est celui situé à la frontière d’un trou noir, de l’intérieur duquel ne peut s’échapper la lumière. Cette œuvre explore métaphoriquement l’horizon d’événement comme un point qui remet en question notre capacité de percevoir un événement, là où la perception s’écroule pour devenir expérience.

Dans le cadre de l’œuvre « horizon de l’événement », on peut interpréter le terme de plusieurs manières. Plus directement, dans son aspect formel, il s’exprime par la génération d’une ligne horizontale qui parcourt le mur de la galerie. Mais du point de vue de la composition visuelle, la métaphore de l’horizon d’événement se réfère à son point de rupture. La perte de capacité du dispositif de visualisation, alors que le logiciel lui exige d’afficher dans une résolution plus grande que ses composantes matérielles ne le permettent, constitue l’horizon au-delà duquel la perception devient impossible. Lorsque le logiciel cherche à repousser l’horizon technologique en demandant l’affichage dans une résolution trop grande, la technologie s’écroule, générant un motif moiré digital instable.

Ce motif moiré amène la perception d’une image qui n’est pas définie de façon explicite, il s’agit d’une déformation des signaux provenant de la surcharge du matériel informatique imposée par le logiciel. En contraignant le projecteur à reproduire ce dont il est incapable, celui-ci répond de la seule manière possible: par interpolation, il génère un motif imprévisible qu’on perçoit comme une troisième dimension. Essentiellement, on perçoit une image qui, en fait, n’est pas réellement représentée. On peut décrire la bande-son de la même manière. En synthétisant des formes d’ondes particulières dans un environnement sonore multicanal (quatre haut-parleurs + caisson d’extrêmes graves), celles-ci génèrent des sons « additionnels » qui ne sont perçus que par l’interaction des ondes sonores avec les propriétés physiques du site de l’installation. Le logiciel fonctionne de manière itérative par un système d’instructions génératives qui utilisent la base de toute imagerie numérique, c’est à dire des champs purs de rouge, bleu, et vert. Ceux-ci sont modulés, superposés et entrecoupés de noir et, par le choix de niveaux et de coordonnées spécifiques, génèrent un effet « d’horizon des événements » par lequel les perceptions du spectateur, en combinaison avec l’horizon technologique et les caractéristiques physiques du site de l’installation, créent en lui un état de perception sensorielle élevée. Le tout n’est plus égal à la somme des parties, 1+1+1=5. Le spectateur ne perçoit plus des champs séparés de rouge, vert, et bleu, mais quelque chose d’autre; pourtant, ce quelque chose n’existe que dans la perception du spectateur. Enfin, l’« horizon des évènements » peut se comprendre comme ce point où la perception, la technologie, la couleur, la lumière et le son produisent un état qui n’existe que « dans la tête » du spectateur, posant encore la question du concept d’horizon de la perception.

Sur le plan technique, l’œuvre au complet est exécutée par un ordinateur, qui génère le visuel par des algorithmes originaux, qui servent ensuite de moteur à la synthèse audio, contrairement à la pratique plus courante où l’on ajoute du visuel à une bande-son ou vice versa – ici, les deux sont générés simultanément. Bien que l’œuvre adhère à certains rythmes et motifs, chaque moment est unique et ne se répète jamais. 

Matthew Biederman

Matthew Biederman est né à Chicago Heights (Illinois) en 1972. Il vit et travaille à Montréal depuis 2004. Son travail fait appel à différents médias et milieux. Il explore la perception, les systèmes de données, la saturation médiatique ainsi que ses enjeux politiques depuis le milieu des années quatre-vingt-dix. Biederman cherche à estomper les frontières de genre, de média, de forme et de contenu. Après avoir reçu le prix Bay Area Artist en vidéo donné par New Langton Arts en 1999, et la première place dans la catégorie arts visuels du festival slovène Break21, il a présenté une grande variété d’œuvres à travers le monde. Que ce soit lors de performances comme à Ars Electronica (AT), à Futuresonic (GB), à Mutek (CA), ou à Hipersonica (BR), ou lors d’expositions comme à la Biennale de Lyon (FR), à la Biennale SCAPE (AU),  à la 7e ATA Internacional (PE), ou à la Triennale du Québec (QC), il franchit des barrières en incorporant dans ses thématiques la science, la cybernétique, l’engagement communautaire, l’esthétique, et le développement de logiciels et de matériel informatique personnalisé. Par le passé, il s’est fait la main comme co-directeur du San Francisco’s Artist Television Access, un centre communautaire d’accès aux médias qui oeuvre de longue date sur la côte ouest américaine. Il est depuis devenu cofondateur avec Marko Peljhan en 2007 du Arctic Perspective Initiative, un groupe international à but non lucratif qui vise à promouvoir la création d’infrastructures de création ouverte, de communications et de diffusion pour la région circumpolaire. Il continue à travailler sur une grande variété de projets, à la fois en collaboration et en solo.

 

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