June, 29th 2017

Temporaire

From March 3rd 2016 to April 7th 2016  / 

DESSINS D'EISENSTEIN

Ce nouveau volet de la série Gros plan sur la collection nous permet de découvrir 25 dessins reproduits dans un portfolio édité en 1968 par l’Union des cinéastes soviétiques et regroupés en 4 thèmes : Dessins de jeunesse, Dans le monde des Arts, Réminiscences et Motifs antiques.

« Danse et dessin tirent leur origine d'une même source, ce ne sont que deux aspects sous lesquels une seule et même impulsion se matérialise. Et les lignes de mon dessin se déchiffrent comme la trace d’une danse... » – S.M. Eisenstein

Qu’est-ce que la ligne ? La preuve du mouvement. Sergeï Eisenstein aimait reprendre à son compte cette affirmation de la pensée traditionnelle chinoise lorsqu’il évoquait ses dessins. La figuration y est par ailleurs souveraine et des personnages aux postures variées, souvent caricaturales se déploient dans un espace incertain où la page transparait d’abord, en libérant le trait.  En ce sens, le lien à ses films se fait de biais. Les foules de La grève, du Cuirassé Potemkine cèdent le pas à des individualités disparates : militaires, villageois, figurations mythologiques et historiques.  

Le parcours cinématographique d’Eisenstein est fait d’éclats magistraux auxquels répondent des passages à vide, en adéquation avec le monde où il exerçait son art. Cet astre brillant du premier cinéma soviétique se distancie par ses dessins du mouvement, a priori indissociable des foules. Les influences extérieures à son monde se font dès lors ressentir. Son goût de la caricature met au jour ses inspirations majeures : Honoré Daumier d’abord, dont il reprend la variété des poses et gestes dans un cadre mondain, Grandville qui lui inspire des évocations animalières, ou encore Walt Disney qui le fascinait et par lequel il entrevoyait une nouvelle déclinaison de la mythologie.   

La série exposée ici provient d’un ouvrage à tirage limité acquis par la Cinémathèque québécoise et publié à Moscou en 1968. Elle se termine sur un dessin bouclant une boucle : des corps nus, à peine sexués sont tenus sur la page par une ligne passant d’une figure à l’autre, désignant la scénographie d’une union entre les corps. Mais entre le premier et le dernier dessin de cette série, quelques personnages marquants reconnaissables rappellent qu’à compter des années 1930, pour ses derniers films de l’ère stalinienne, la statue du commandeur et celle du génie créateur se rejoignent pour former un idéal trouble.

Guillaume Lafleur

Programmateur-conservateur

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